dimanche 8 octobre 2017

Mise en route et première sortie

Après avoir enfin récupéré les clés de notre bateau, nous voilà dedans, à faire le tour de ses installations, pour en prendre pleinement possession. Nos premiers travaux : changer les flexibles de gaz, périmés depuis 2 ans, et installer une cuve d'eaux noires, obligatoire en hauturier. Pour les non-initiés, cela veut dire installer un bac pour récupérer les évacuations du WC, qui jusqu'à présent se font directement dans la mer. Il est donc interdit d'utiliser les WC quand on est au port (pour des raisons d'hygiène évidentes), mais si on doit passer la nuit au bateau au port, faire sortir les enfants pour un pipi au milieu de la nuit, ben ça ne nous botte pas vraiment... Enfin, la notion "hauturier" évoque toute navigation à plus de 11km des côtes, ce que nous serons amenés à faire durant notre périple à venir.

Sylvain a bossé à cette installation une journée entière, du coup, on a fait notre premier repas sur le bateau. Des frites, pour fêter notre joie d'être enfin propriétaires d'un voilier ! Et aussi pour tester le four. Nous comprenons vite que le four est hors d'usage ("Sylvain, tu crois que c'est normal une flamme de 30 cm au fond du four ?"). Et au courant que les frites à la poêle, c'est loin d'être transcendant. On s'apercevra, la fois suivante, qu'il suffisait de ré-emboiter le brûleur... No comment !

Au cours des travaux dans la très exigüe salle de bain, on se rend aussi compte qu'on ne sait pas comment vider l'eau qui stagne dans la pièce (en l'occurrence issue du nettoyage, mais si on prend la douche, c'est le même résultat). Interrupteur de vidange dysfonctionnel ? Ou vanne fermée qu'on n'a pas encore trouvé ? Hum... Il faut se dépêcher de trouver, car on doit passer le week-end sur le bateau avec nos enfants et des potes pour une première sortie. Première sortie qui s'annonce d'ailleurs un brin stressante : le vent s'est levé, et pas qu'un peu, et on n'a pas encore pu faire la prise en main prévue avec le vendeur. On n'est pas non plus encore de grands marins. Pas marins du tout, en fait. Sylvain a bien quelques cours à son actif, mais moi, j'apprends le vocabulaire et les notions de base dans des bouquins (l'excellent Cours des Glénans ; mais aussi le catalogue de matériel du magasin du coin...).

You tube est notre nouveau meilleur ami, et là encore on y trouve pas mal de ressources : comment utiliser un radeau de survie, comment se repérer sur une carte quand on est perdus, lancer un appel de détresse... Non, on n'est pas défaitistes, mais on se dit que ce n'est pas au moment où on a besoin de ce genre de techniques qu'il faut se demander comment on fait.

Bref, le week-end est déjà là, nous voilà sur le bateau avec 2 amis, et nos zouzous. Le vent annoncé est bien là, et la première nuit au bateau un peu mouvementée. L'occasion de tester les plans anti-mal de mer, glanés à droite et à gauche :
- Sea Band (bracelets d'acupression)
- Huile essentielle de menthe poivrée
- les prévenir en mangeant, buvant suffisamment et sans accumuler de fatigue.
Mais 5 des 6 passagers de l'Heimoana auront droit à ces délicieuses nausées qui font tellement apprécier le retour sur la terre ferme.

La première sortie du port restera mémorable. Notre place à quai est vraiment étroite (on ne peut pas éviter de "racler" contre les poteaux qui nous permettent d'amarrer l'avant du bateau - si on est amarré cul au quai-) et les bateaux d'en face sont vraiment tout près. Après 10 bonnes minutes de galère, de stress et de "ça, faut pas faire", qui ont largement contribué à une soudaine envie d'intense communion avec Dieu par la prière, nous finissons par quitter notre quai. Quelques petites frayeurs plus tard, hors du port, nous pouvons enfin hisser les voiles.

Le vent est moyen, et la houle n'est pas en reste. La petite louloute se met à paniquer ("le bateau peeeeenche !"), et il est un peu difficile de lui faire comprendre que, oui, un voilier, ça penche tout le temps, et c'est normal. Que ça bouge beaucoup aussi, et que ça encore, c'est normal.
On s'affine sur les techniques : choquer/ border les voiles, virer de bord, suivre un cap en évitant les nombreuses bouées qui se trouvent dans les environs de Port Camargue ; le tout en essayant au maximum d'utiliser le vocabulaire approprié, qui est tout aussi important que les techniques dès lors qu'on a besoin d'aide : quelques cours supplémentaires que je suivrai avec Sylvain, et tout ce qui sera suivi, réparation et conseils sur nos équipements.

Si le plan initial était de passer une nuit au mouillage, encore sous le coup de l'émotion intense de notre sortie de port, nous préférons rentrer. D'ailleurs, pour ma part, de toute notre sortie en mer je n'ai cessé de penser au retour, et mes cogitations étaient fort peu optimistes. Néanmoins, c'est notre pote Fanch qui décide de manœuvrer le bateau pour accoster. Mon niveau de stress monte encore, car je ne sais pas vraiment quelles sont ses compétences en la matière. Mais je dois dire qu'il a géré comme un pro, on est rentrés niquel, en quelques minutes et du premier coup.

Le lendemain, le vent est tombé, mais on tente quand même une sortie, ne serait-ce que pour s'entrainer aux manœuvres. On se déplace plus au moteur qu'à la voile, malgré nos différentes tentatives. Mais quand y'a pas de vent, y'a pas de vent. On tente un mouillage, pour manger, mais la houle, elle, a oublié de se calmer. On remonte vite l'ancre à la main (tiens, une motorisation pour l'ancre, ce serait pas bête, hein ?!), et on rentre.

Le départ et le retour à quai étaient cette fois-ci un peu plus sereins, et mieux réalisés. Enfin, presque. Il nous faudra encore un bon nombre de manœuvres avant d'être à l'aise.

Le week-end est déjà fini. Angéline se réjouit de n'avoir passé que 2 jours avec nous, parce que c'est bien assez. Mais elle en a bien profité quand même. On devrait dans la foulée faire 2 ou 3 prises en main sur notre bateau avec le vendeur, et quelques cours supplémentaires, mais on a hâte de ressortir !
Repas au port (parce que c'est bien aussi quand ça ne tangue pas trop) 

Test de l'annexe dans le port.
 
Fanch a la barre

Maëlyss enfin détendue - ou presque-

Killian, fier, à la barre.


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