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jeudi 18 octobre 2018

Escale prolongée à La Ciotat



Samedi dernier, nous essayions de nous rapprocher au maximum du Cap Sicié, avant le franchissement duquel nous attendions une météo clémente. C'est un passage assez mythique pour les marins de la Méditerranée, car la météo y est spécifique, et souvent "haute en couleur". 
Mais bon, alors que nous avancions tant bien que mal, il a fallu rentrer assez rapidement sur un port, car le vent forcissait plus vite que prévu. Nous rentrons au Vieux Port de la Ciotat, sans indication, car la capitainerie est fermée. On se pose comme on peu sur le premier bout de ponton qu'on trouve, mais l'amarrage sur pendille est difficile à cause du vent. On se colle à un autre bateau, l'installation est longue et laborieuse, mais nous voilà enfin calés. 
Toutefois, nous sommes à l'entrée du port, et le vent d'Est nous balaye allègrement. Heimoana bouge comme pas possible, et les deux premières nuits sont loin d'être reposantes. Le bateau ne cesse de "taper" contre celui du voisin, à cause du vent, qui nous fait également tanguer fortement. De jour comme de nuit, on vérifie régulièrement qu'on ne casse rien, on renforce les pare-battages qu'il y a entre nous et le voisin, car la pression en a écrasé 2.

Dès le premier jour, sachant sans doute qu'on était coincés là pour plusieurs jours, Sylvain se permet de succomber au Syndrome de Sylvanus. Etrange maladie, jamais décrite dans aucune revue médicale, qui veut qu'après des mois de pression intense, quand Sylvain a enfin quelques jours de "détente", il les fête en tombant malade ! Ca fonctionne presque à chaque vacance depuis des années...

Dimanche, nous faisons le marché de la ville, ensoleillé, mais toujours bien venté. Je profite de racheter fruits et légumes, et me fait avoir comme une bleue sur des tartinables en vrac. Le vendeur m'en met une énorme poignée, et les 27€ que je lui dois me font un peu mal. Tartinables pas frais ou virus Sylvanus, l'origine restera douteuse, mais nous voilà tous malades à tour de rôle dans les jours qui suivent.  L'ambiance au bateau est... heu... enfin, vous avez compris !

Lundi, le voisin qui nous calait quitte le port. Il ne râle pas trop pour son pare-battage écrasé, mais voilà qu'avec son départ, Heimoana se trouve encore plus balloté par le vent, et dans une bourrasque, il est projeté sur le quai, où il casse une réparation ancienne sans doute fragile. Notre amarrage avant était trop long, mais nous n'avions pas réussi à faire mieux. Nous nous débattons un moment pour tenter de nous éloigner du quai, sans succès. Je file à la Capitainerie demander une aide, qui nous sera généreusement offerte par le responsable de la Capitainerie lui-même. Patiemment, il nous montre comment procéder, nous offre d'utiliser la pendille de la place voisine qui vient d'être libérée, nous aider à gagner près de 50 centimètres d'amarres avant. Au bout de 3/4 d'heure, bien assuré que nous étions amarré correctement et sans risque, il nous laisse, et nous le remercions chaleureusement du temps qu'il nous accordé.
Dans l'après-midi, nous nous baladons un peu dans La Ciotat.

 Arrière de la jupe qui s'est abîmé contre que quai. Même si le trou est plus haut que la ligne de flottaison, pas question de naviguer avec ça, car en avançant sous voile cette partie peut être par moment immergée...

Le départ initialement prévu mardi est reporté au mercredi. Mardi, après avoir réparé la coque, nous partons donc visiter le parc du Mugel, sur recommandation du chef de la Capitainerie que nous voyons régulièrement et qui a un contact très agréable. Arrivé sur place, nous constatons que le parc est fermé, à cause du vent (vent qui d'ailleurs est tombé, mystère...), mais le gardien nous envoie sur d'autres lieux sympas, et nous visitons la Calanque de Figuerolles, puis montons à la chapelle Notre Dame de la Garde, au grand désespoir de nos mollets et nos corps encore un peu faibles. Les enfants sont en trottinettes, que Sylvain doit porter dans les montées caillouteuses. L'expédition sera coûteuse : rentrés au bateau Sylvain et moi sommes totalement HS et les enfants apprennent à se faire cuire des pâtes tous seuls. Ils font également leur vaisselle, de façon un peu sélective, les casseroles restent en attente.


Descente sur la Calanque de Figuerolles.

Elle est très jolie, et surement plus encore quand il fait beau !

Pause goûter !

Notre Dame de la Garde de la Ciotat, moins bling-bling que son homonyme marseillaise, est perchée et offre de très beaux panoramas.

Vue sur le port de la Ciotat, chantier naval de réparation pour yachts apparemment réputé.

Mercredi matin nous visitons enfin le parc du Mugel, mais cette fois on s'y est rendus en annexe ! Si l'automne n'est sans doute pas la meilleure saison pour en profiter, nous le trouvons néanmoins très agréable, et encore un peu fleuri. L'après-midi, on se motive pour partir au mouillage, le vent étant enfin tombé. On n'ira pas loin, mais l'essentiel est de bouger. Au moment de partir, on croise le gars avec qui nous avions si souvent discuté sur la zone technique de Port Camargue ! Lui est sur le retour, et vient de rentrer au port. On papote encore un bon moment, avant d'enfin larguer les amarres. 

 Notre annexe, qui nous permet de nous rendre sur la terre quand nous sommes au mouillage, et qui raccourcit les distances au port.

 Parc Mugel

 Vue sur l'île Verte depuis le Parc Mugel




On cherche notre mouillage, juste devant le port, et on se rend compte que le vent sera changeant dans la nuit, contrairement aux prévisions du matin-même. On tourne un peu en rond, et on s'inquiète de lourds cumulonimbus qui semblent se diriger droit sur nous. Je jette un œil sur le site Météo Ciel qui indique de la pluie toute la nuit (le site que nous consultons régulièrement ne donne de prévisions que concernant le vent, pas les précipitations...). Pluie + vent changeant, même faible, nous re-rentrons aussi sec au port de la Ciotat. Toutefois, notre petit tour dans la baie nous permet de voir arriver un bâtiment étrange : espèce de tank flottant mais qui aurait des mâts... Je sais que l'armée est en mer, et procède à l'extraction puis à l'explosion en haute mer d'engins explosifs datant de la 2e guerre mondiale (je verrais d'ailleurs de loin les projections d'eau d'une explosion sous-marine), et ne me pose pas plus de questions. Mais le tank arrive en baie, et nous le voyons de profil. Sylvain me dit qu'il pense qu'il s'agit du plus gros voilier du monde, ce que Google me confirmera très vite. Étrange, il se dirige droit sur la Ciotat, mais nous rentrons avant qu'il se mette au mouillage juste devant le port.

La pluie arrive effectivement très vite sur nous, et durera encore une fois juste le temps de l'accostage. Nous sommes trempés comme des serpillières, mais cette fois nous nous sommes bien amarrés tous seuls ! Il ne pleuvra plus de toute la nuit, c'était juste un clin d’œil de nuage à notre intention, sans doute...

Voici donc le Sailing Yacht "A", sorti de chantier en 2016 pour le compte d'un propriétaire russe sans doute un peu mégalo. 8 ans après avoir fait créer le plus grand yacht privé du monde, aussi appelé "A", le voilà propriétaire du plus gros voilier du monde, avec ses 147m de long, et ses 3 mâts dont le plus haut culmine à près de 100m. Il possède une piste d'atterrissage pour hélicoptère, une piscine, 20 cabines -sans doute plus grandes que les nôtres-, des salles de sport, et une coque en verre pour une vision sous-marine. Il est donc moche, mais a incontestablement des atouts ! Bon, il est pas dans mon budget (423 millions de dollars, me semble-t-il...), je me console en me disant que de toutes façons je n'aime pas les revêtements en cuir ni le cristal de Baccarat, le tout faisant un peu prout-prout.

Mais du coup, nous sommes encore à la Ciotat ! Aaah, Porquerolles, te verrons-nous un jour ? Allez, on retente aujourd'hui !

lundi 24 septembre 2018

Attendre, réfléchir, caréner... et enfin partir ?

Passé le choc de l'annonce de la récidive de la tumeur, et l'éclat en plein vol de notre projet sur le point de se concrétiser, il nous faut réfléchir et trouver comment sauver, ne serait-ce qu'un peu, notre voyage.




Le sea trip aux Antilles semble définitivement impossible : nous disposons de 8 mois maximum, or, il faut compter presque 5 mois pour l'aller-retour. Ca nous laissait 3 mois pour faire le tour de toutes les belles îles paradisiaques de l'archipel. Mais si l'opération est prévue fin octobre, et qu'il faut encore attendre le scanner de contrôle à 3 mois, ça rentre pas...

Faire la transatlantique aller, puis le retour en avion en laissant Heimoana jusqu'à l'année prochaine, ça implique que l'année prochaine nous ayons à nouveau 3 mois de libre pour faire le retour. Or, nos amis qui nous remplacent pour la gestion de l'entreprise se sont engagés pour 14 mois (de juillet 2018 à août 2019, pour nous aider sur 2 saisons estivales et gérer la morte saison). S'ils veulent rester plus, ce sera bienvenu, mais on ne peut décemment pas leur imposer ce choix, et le coût du port là-bas est très hors budget de toutes façons.

Faire convoyer Heimoana par un skippeur : là encore, le coût risque d'être largement au-dessus de nos moyens, et je serai extrêmement frustrée si je ne fais pas au moins une des deux traversées.

Bref, on regarde un peu tristement s'éteindre notre grand projet, celui qui méritait une médiation sur Internet via un blog sympa, et on va se rabattre sur des destinations beaucoup moins exotiques, mais néanmoins dépaysantes ! Puisque l'opération est plus loin que ce que nous avions espéré, pourquoi pas partir le 1er octobre, comme prévu, même pour 2 petites semaines ? Ca nous laisse comme option l'Espagne ou la Corse, mais Maëlyss refusant catégoriquement la traversée pour la Corse, ce sera l'Espagne. Si certains parmi vous connaissent des endroits atypiques et peu touristiques sur la côte Est, on est preneur !

Après l'opération, nous verrons bien, selon l'état de santé de Killian et les contrôles nécessaires, ce que nous pourrons envisager.

Le 11 septembre, il était prévu de sortir le bateau pour le carénage. Nous nous étions posé la question de le maintenir ou non, et finalement nous l'avons fait sortir comme prévu. Le boulot est parfait pour se changer les idées, et j'avoue que je n'avais pas bien mesuré à quel point j'allais pouvoir occuper mes pensées !

Le carénage consiste à nettoyer et repeindre la partie immergée de la coque (qu'on appelle la carène) et l'hélice. Soit quelques heures de boulot par jour pendant 3 jours et basta.
Nous savions que les côtés de la coque étaient dans un état plutôt tristounet, et qu'il serait bien de les retoucher un peu pour améliorer l'esthétique du bel Heimoana, et nous avions également prévu ces petits travaux de ponçage.
Toutefois, une fois le bateau sur cale, l'état de la coque nous est apparu dans toute son horreur. En regardant de près, nous avons constaté que pas un mètre carré de coque n'était épargné : il y avait certes de nombreuses réparations façon "plâtrage à la truelle" absolument dégueulasses, mais aussi d’innombrables traces de coulures d'une précédente peinture de la coque. Partout, partout. Quant-aux bandes noires sur le bas de la coque, elles étaient énormément scotchées, et sous chaque bout de scotch, une rayure ou un trou ! Nul doute qu'un (ou plusieurs) des précédents propriétaires avait plus de plaisir à naviguer qu'à chouchouter ce bateau, dont les réparations sont plus dignes d'un maçon aveugle et manchot que d'un carrossier amateur.

 De loin, la coque est déjà vraiment pas terrible... 

... mais de près, ça frise le cauchemar !

Le choix est vite fait de repeindre entièrement la coque, après effaçage méthodique de ses centaines de cicatrices. L'enthousiasme débordant d'un voisin de chantier nous réchauffe le coeur : "pfiou ! C'est un boulot de titan, vous en avez pour des semaines... Jamais vu une coque aussi moche... Vous êtes sûrs de vouloir faire ça ?". Et je crois que même les vendeurs m'ont regardé avec un brin de pitié pour la pauvre inconsciente que j'étais de m'attaquer à si gros pour un premier carénage.

Bref, j'ai désespérément besoin de m'occuper l'esprit, car l'annonce de la tumeur de Killian est trop fraiche, et j'ai une tendance naturelle à faire ce que je veux quoi qu'en pense les autres, alors je persiste dans ma folie. Sylvain doit encore bosser au camping, mais j'avais sollicité mon père pour m'aider, lui vendant du rêve, au départ, en parlant de 3 petits jours de boulot.

J'avais pensé commencé par la carène pour m'en débarrasser, mais les travaux au-dessus risquaient de la salir, on n'a donc fait que la première couche, gardant la deuxième pour la fin des travaux. le nettoyage de l'hélice, assez laborieux, a été réalisé par mon père, et à suscité toute l'admiration des matelots autour : "houlà, fallait pas vous embêter autant ! On la dirait neuve..."

 Tout le monde s'y met ! (enfin, un peu...)

 L'ancien proprio (ou LES anciens) réparait tous les accros sur la bande noire avec... du scotch ! 
What else...

Puis nous avons attaqué la préparation de la coque : enlever tous les scotchs et autocollants, poncer, reboucher, reponcer, trouver de nouveaux défauts, puis poncer encore. C'est au bout de ces deux jours et demi à respirer de la poussière que j'ai mesuré l'infinité de l'amour paternel, et sa patience hors-normes ! Chaque fois qu'on s'arrêtait, pensant avoir fini et fiers de notre travail, on découvrait de nouveaux défauts... et c'était reparti pour un tour de ponceuse / gel-coat / ponceuse !

Au 5e jour de boulot, nous avons enfin appliqué la sous-couche ! O joie indicible ! Il y a encore quelques petits défauts, de ceux qu'on ne voit que quand on a le nez dessus, mais je suis réaliste : personnellement, je ne vois quasiment jamais ma coque, et ceux qui la regardent la voient toujours de loin, et se moquent sans doute comme de l'an 40 de son état.  Je l'accepte de bonne grâce, puisque je me fiche aussi totalement de l'état des coques des nombreux voiliers que je croise et ne connais pas... Et honnêtement, ils sont à peine perceptibles. En plus, comme on finira, nous aussi, par égratigner la coque plus ou moins régulièrement, c'est pas la peine d'atteindre une perfection qui ne sera qu'éphémère.


J'ai mal partout, et je pense que mon père aussi, mais voir cette belle coque toute blanche nous aide à rester motivés.
Le voisin de chantier enthousiaste a fini son carénage et remis son bateau à l'eau, mais il continue à rôder dans la zone, viens voir l'avancement de nos travaux et mesurer l'humeur des troupes ! Je ne connais toujours pas son prénom, mais il m'a piquée au vif, et j'espère qu'il viendra quand on aura fini et qu'on l'impressionnera au moins un tout petit peu !

Il y a beaucoup de promeneurs dans la zone technique (qui pue l'essence, les produits chimiques qui peuvent te filer un cancer rien que si tu les regardes dans les yeux et qui est parsemée de déchets de mer décomposés et malodorants, m'enfin, chacun son truc...). L'un d'eux, aussi propriétaire d'un feeling 1090, m'a lancé un regard énigmatique quand il a compris qu'on ne referait pas la coque à l'identique. Peut-être qu'il jugeait que je méritait le bûcher de dénaturer ainsi l'âme du 1090, et qu'il suppliait silencieusement la foudre de s'abattre immédiatement sur ma tête... Il faut savoir que c'est un modèle qui a eu beaucoup de succès, et qu'il y a des sites dédiés à ce bateau spécifique, avec des tutoriels pour pouvoir toujours le restaurer parfaitement dans ses couleurs les plus originelles possible. Mais personnellement, j'ai pas cherché à acheter CE bateau-là, moi je voulais juste un 3 cabines confortable, et je trouve l'idée de la bande noire à cette hauteur fort peu adaptée à mon stationnement face à des bateaux à moteurs, qui rivalisent d'ingéniosité pour dézinguer les coques de tous les voiliers du quai... Je les imagine parfois esquisser un sourire sadique dès que le vent se lève, ou que le courant est fort, et pointer le plus possible leurs couteaux aiguisés pour choper les coques des imprudents. D'après les voisins, tout le monde sur le quai s'est empalé au moins une fois sur les bateaux moteurs, et au vu du nombre de "réparations" au scotch sur Heimoana, lui a dû y finir un sacré nombre de fois !

Nous avons opté pour une peinture bi-composants, à priori plus résistante dans la durée que la mono-composant. Plus chère, aussi. On redoutait une application plus difficile (il faut être très rigoureux dans le dosage des produits à mélanger), mais finalement on s'en est pas trop mal sortis. Sauf sur la jupe (arrière de la coque, qui comprend les marches), ou étonnamment la peinture n'a pas eu le rendu brillant de partout ailleurs. 

Si pendant un moment l'idée de peindre moi-même m'a bien titillée, finalement, l'option "achat de stickers" m'a paru nettement plus simple ! En un tour sur Internet, Sylvain dégotte des stickers de folie, le choix en est même difficile ! 

Un nouveau bateau a fait son apparition sur la zone technique, non loin du notre, et nous lions rapidement amitié avec l'adorable propriétaire, Laurent. C'est mon premier carénage, lui me dit que c'est sans doute son dernier (à 71 ans, je comprends aisément...). Mais des idées d'aller en convoi en Espagne nous titille, on va se programmer ça si on peut. 

Par chance, les copains sont venus nous aider le dernier jour, car nous sommes un peu courts sur le timing pour la remise à l'eau. Dany a d'ailleurs été d'un soutien considérable sur le plan logistique pendant toute la période des travaux, gérant ma louloute et les repas. Merci !




L'application des stickers reste un peu délicate, et ne sera pas parfaite, le support n'était pas ultra-lisse (et les sujets un peu grands, il faut bien dire !). L'ancienne bande noire du haut de la coque reste un peu visible par relief, insuffisamment poncée. Je me mets donc en tête de remettre une bande de même taille au même endroit. M'enfin, celle qui me plait est plus large, et l'application de la première bande est si irrégulière qu'il est impossible de la suivre ! Je m'arme de mon mètre pour rester à égale distance du haut de la coque, et je pose tantôt au-dessus tantôt au dessous du tracé de l'ancienne bande. Avec un écart de bien 10 cm ! C'est dur de poser bien droit, mais il m'était impossible de faire pire, même en fermant les yeux. Alors c'est toujours mieux qu'avant...

Sylvain nous rejoint aussi, et s'attelle a des réparations et entretien qui trainaient encore : démontage et graissage des winches, réparation de la fermeture éclair du lazy bag, système efficace pour bloquer les coulisseaux de la grand-voile (non retenus, les coulisseaux sortent du rail du mât, et la voile s'échappe... ).

Killian met la main à la patte, et s'applique au montage des winches. 

Pour ma part, je me suis appliquée à bien respecter les consignes d'application de la peinture spéciale pour l'hélice, qui nécessite des temps de séchage et un délai de mise à l'eau précis et courts. J'ai flingué un pinceau à chaque couche, pensant que le nettoyage des outils se faisait au white spirit, mais non ! Cette peinture est tellement tenace que j'en ai encore sur le corps 4 jours après avoir fini, et c'est pas faute de frotter ! Puis on réinstalle les anodes : anneaux en zinc dont la fonction est de protéger de la corrosion électrolytique les éléments du moteur, qui sont en aluminium, inox, étain ou cuivre. Il est extrêmement important de les changer chaque année par des neuves, et de ne point les peindre, ni les surfaces métalliques à leur contact.


Puis, comme on a eu peur de s'ennuyer, et aussi parce que l'état piteux des boiseries de la descente l'imposait, nous avons décidé de décaper et revernir l'escalier qui amène au carré. Pour le coup, vous verrez les photos ultérieurement, car ce boulot-là n'est pas fini !

Il fut remis à l'eau vendredi dernier, il faut maintenant terminer la restauration de la descente, puis le charger pour le départ.


D'ici quelques jours, nous prendrons très modestement la mer, pour un court séjour. La destination fut l'objet de discussions houleuses, car Maëlyss a décidé que vraiment, elle ne voulait pas faire du bateau ! Notre tout premier court voyage en famille sera donc pour Porquerolles, où nous espérons une météo encore clémente début octobre.