vendredi 12 octobre 2018

En pause au Vieux Port (Marseille)

Petit rappel : les mots du texte qui sont en gras vous renvoient vers un glossaire si vous cliquez dessus, afin que vous puissiez comprendre de quoi je parle (on n'a pas tous fait "marin" en deuxième langue et rien n'est plus pénible que de lire un récit si on ne comprend pas tout...)

Après une nuit agitée au mouillage au Frioul (voir article précédent), et une deuxième heureusement plus calme, la météo s'obstine à nous ralentir. Si dans l'absolu nous aurions voulu atteindre Porquerolles mercredi ou jeudi, après avoir visité les calanques de Cassis, ce n'est pas réalisable sauf si nous naviguons par mauvais temps, et ça, ce n'est pas une bonne idée, surtout avec les enfants à bord. Les prévisions météo annoncent 3 jours de vent parfois fort et de pluie. Nous avons hésité sur le choix du port qui nous abriterait : nous aurions aimé nous avancer un peu vers notre objectif, et à la fois, quitte à être bloqués 3 jours, autant que ce soit dans un lieu que nous pourrons visiter à l'abri des intempéries.

Nous avons donc opté pour Marseille ! L'occasion de voir ma grand-mère et quelques sites remarquables, et c'est une pause bienvenue pour les enfants qui réclament déjà de rentrer à la maison. Ce lundi après le repas de midi, nous levons donc l'ancre, pour rejoindre au moteur le Vieux Port, dont nous sommes tout proche. La matinée était belle, Sylvain et Killian en ont profité pour se baigner dans les eaux limpides de la calanque, et le vent quasi-absent. Les turbulences s'annonçaient pour la nuit, mais nous voulions arriver au port en début d'après-midi.

Le temps de rejoindre l'entrée de Marseille, le vent s'est levé, à 10-15 nœuds, et de gros nuages sont apparus. Nous avons eu quelques sueurs froides devant le refus du Vieux Port de nous accueillir, faute de place disponible. On s'est rappelé à temps que Christian, notre chouette voisin de quai, nous avait dit qu'il fallait contacter la SNM (Société Nautique de Marseille), qui occupe une bonne partie du port en gestion autonome. Etrangeté locale, m'enfin, nous les contactons, et effectivement ils nous proposent une place.

On s’accoste au quai d'accueil, le temps qu'on nous attribue la place. Les nuages s'amoncellent sans qu'on y prête vraiment attention, on est pressés d'aller s'amarrer. La place est juste sur le ponton derrière nous, le vent est toujours calme. Mais voilà que le temps de reculer le bateau sur les 50m qui nous séparent de la place, une rafale nous projette littéralement sur deux voiliers à quai ! Leurs ancres s'emmêlent dans nos filières, et le safran semble s'être coincé sur l'amarre avant d'un des voiliers. On est bloqués, et un orage éclate ! Comme ça, paf ! Des éclairs de partout et une pluie diluvienne...
Killian passe l'appel radio pour demander assistance à la SNM, et l'aide de ce monsieur sera précieuse pour nous dépêtrer. On a enfilé rapidement nos vestes, mais sommes déjà moitié trempés, et en quelques minutes on fait "floc floc" dans nos chaussures. Nos vestes bas de gamme ne résistent pas longtemps à la pluie, et on est bientôt trempés comme des croûtons au fond d'une assiette de soupe, mais nous réussissons à amarrer et n'avons à déplorer comme seul dégât un chandelier plié (et mon genou droit bien endolori...). Sitôt la manœuvre finie, la pluie s'arrête, évidemment.

On s'entend dire qu'on aurait pu attendre que le grain passe avant de rejoindre notre place, oui, m'enfin pour ça, il aurait fallut qu'on le sente venir, et nous, nous sommes juste des débutants qui apprenons surtout de nos erreurs.

Il faut improviser un espace de séchage pour nos habits détrempés. On est heureux d'avoir notre radiateur électrique pour hâter un peu le séchage

On tente d'aller se balader un peu sur le Vieux Port, mais à chaque tentative il se remet à pleuvoir. Je doit avoir un contentieux avec un ou deux nuages rancuniers, mais je ne sais pas ce que j'aurais bien pu leur faire pour qu'ils mettent un tel enthousiasme à nous ralentir sans cesse... Ou peut-être que c'est juste l'automne en Méditerranée, et que c'est toujours comme ça ! 
Ce sera donc travail scolaire et jeux de sociétés pour le reste de la journée.

Le lendemain, mardi, on part visiter la ville avec les enfants, non sans avoir travaillé un peu le programme scolaire le matin. C'est jour de grève, la Cannebière est occupée par les manifestants et l'armada de services de sécurité qui les accompagne. On zappe donc. Mon genou, toujours enflé et douloureux, nous fait opter premièrement pour le petit train touristique. C'est parti pour un tour rapide de la cité, avec la halte incontournable à Notre Dame de la Garde. Du coup, pour le côté atypique de nos vacances, c'est franchement raté : on a fait les bons gros touristes ! Peu à l'aise dans les espaces citadins, j'apprécie la vue dégagée et l'air frais qu'offre la basilique. Nous déambulons à pied l'après-midi, avant de nous offrir une énorme glace artisanale sur le Vieux Port, et de visiter le musée de la Savonnerie. Intéressant, et le magasin qui le jouxte réjouit mon odorat autant que mes yeux.


La basilique, installée sur un piton rocheux à 149m d'altitude, domine toute la ville.

Le monument a été l'objet d'une longue rénovation, de 2001 à 2008, et en met "plein la vue".

Au rang des nombreux ex-voto, souvent des plaques de marbre placardées dans le monument (et hors du monument, maintenant, par manque de place) figurent aussi des maquettes, le plus souvent de bateaux que la Bonne Mère a "protégés". Ils sont suspendus dans la nef.

Sur le retour, on admire en marchant sur les quais du Vieux Port, d'incroyables voiliers, formidablement bien entretenus pour la plupart. C'est autre chose que les coques actuelles, mais un boulot d'entretien phénoménal pour lequel j'aurais bien du mal à signer.





La nuit, le Vieux Port reste actif, et bruyant. Les sirènes des pompiers résonnent régulièrement, faisant concurrence à la musique qui s'échappe des bars, et aux éclats de voix de piétons pas toujours de première fraîcheur. On n'a pas vraiment envie de s'y balader. A 2h du mat', je vois une course-poursuite de scooters sur les trottoirs, jouant au chat et à la souris avec la police qui patrouille. Je retourne vite au bateau.

Mercredi, c'est travail scolaire (laborieux...) puis visite chez ma grand-mère. La nuit a été très venteuse, même bien amarré le bateau valsait légèrement, au rythme des rafales et des courants. Difficile pour les enfants de se motiver à bosser, d'autant que la pluie ne cesse de tomber, ajoutant un peu de morosité à la fatigue générale de l'équipage. Nous rejoignons le quartier de la Rose en métro en fin de matinée, où ma grand-mère nous récupère, trop heureuse de nous recevoir (nous avons trop rarement l'occasion de venir la visiter). Un peu perdue sur le point de rencontre, j'avais demandé ma route à un utilisateur du métro, qui m'avait répondu "je sais plus"... Finalement, il a appelé sa femme pour avoir l'information, m'a rattrapée à la sortie du métro et m'a orientée ! Comme quoi, la gentillesse existe encore, même dans le métro marseillais !

Partie de "bombu"... Les jeux de cartes sont tout un symbole, dans ma famille.

Sylvain guette les prévisions météo plusieurs fois par jour, cherchant désespérément une fenêtre pour poursuivre notre route. Il semble que si nous quittons le Vieux Port, ce sera pour un autre port, mais pas encore de mouillage possible.

Jeudi, on part visiter le fort Saint Jean et le MUCEM, sur recommandations. J'embarque un pique-nique mais oublie... les couverts ! On n'en a sans doute que pour 20 minutes à retourner les chercher au bateau, mais ce sera plan B quand même pour le repas.

 On improvise des couverts avec le pain... Pas hautement pratique, mais suffisant !

 Le fort Saint Jean Garde l'entrée du Vieux Port.

 Le fort est magnifique, et très bien conservé. On manque hélas de temps pour aller découvrir son histoire.  Le MUCEM, ma foi, est... conceptuel. Et le temps qu'on comprenne le concept, étant entrés par un accès secondaire, on se retrouve premièrement dans l'exposition dédiée à Aï Weiwei, pour le moins surprenante.
On trouve finalement des expositions plus intéressantes pour les enfants, où l'on déambule un peu.


Le MUCEM, "musée des civilisations". En fait, il regroupe des expositions permanentes et temporaires. Si l'extérieur est clinquant, je n'ai pas aimé l'intérieur, tout de béton et sombre.

Mon oncle Frédo nous rejoint dans l'après-midi sur le Vieux Port, et nous emmène découvrir le vieux Marseille à pied. Des ruelles colorées, étroites et pittoresques tranchent vraiment avec les rues très passantes empruntées jusqu'alors. Les enfants sont récompensés de cette longue journée de marche par une glace, et on rentre en tramway.











La météo se lève enfin, pour 2 jours. Hop, on quitte le Vieux Port à la nuit tombante, et retournons au mouillage au Frioul ! Mais si le vent est tombé, la houle reste bien présente, et la gîte jouera avec le bateau toute la nuit. Ce matin, nous devrions pousser Heimoana vers l'est, pour nous rapprocher des îles d'Hyères.

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