Ce lundi 22 octobre, il nous faut songer au retour. Il nous reste certes 10 jours de vacances, mais les 5 derniers seront très venteux, trop venteux pour naviguer, alors on veut être rentrés à notre port d'attache avant. Nous aurions aimé aller jusqu'à Port Cros, plus à l'ouest, mais cela rajoute encore des heures de navigation, et les enfants les supportent plus ou moins bien. Ils n'aiment pas quand le vent est trop fort, quand il y a de la houle, quand on navigue plus de 3h... Bref, ils s'habituent, mais doucement ! On y renonce donc, et on entame le trajet de retour.
A notre arrivée à Porquerolles, Maëlyss avait repéré un arbre anémomorphique* magnifique, et elle s'est mis en tête d'aller y pique-niquer. Comme nous n'avons pas eu l'occasion, son désespoir s'est bien fait sentir, alors sur la route nous refaisons mouillage le temps d'un pique-nique à "L'arbre de Vie"...
*anémomorphique : dont la morphologie s'est adaptée au vent. La plupart des pins et de la végétation sur les îles est tassée, courbée par le vent fort dont ils sont souvent balayés.
L'Arbre qui nous a valu une pause sur le retour...
Comme prévu, après avoir galéré à naviguer vers l'Est en ayant toujours un vent d'Est, nous voilà partis vers l'Ouest ... avec un vent d'Ouest ! On prévoit de dormir au mouillage à 15 miles nautiques de Porquerolles. Si le vent est faible au début, il prend vite ses aises, et s'installe. Mais il sait pas trop, en fait, rafale beaucoup, et change parfois de direction sans crier gare ! Avec des écarts de 30° dans sa direction, la conduite du bateau requiert une grande attention, car la première incartade du vent avait conduit Heimoana a virer de bord sans solliciter notre autorisation...
Bref, on louvoie, et lorsque nous atteignons notre objectif, une petite anse de mouillage, nous constatons qu'elle est pleine de bouées d'amarrage, et surtout elle est bien exposée à la houle. On cherche autour, mais rien ne semble convenir. On pense poursuivre au moteur jusqu'aux Embiez, au mouillage de l'aller, mais on se rappelle que nos feux de navigation ne fonctionnent pas. Il est 18h, et le soleil touche bientôt l'horizon, on n'arrivera jamais avant la nuit. Sylvain, qui avait déjà repéré ce qui n'allait pas, prend un câble, met son gilet de sauvetage et s'attache à la ligne de vie, puis va tenter une réparation de fortune, pendant que je pousse le moteur pour passer le cap Sicié et joindre notre mouillage. Heureusement, il réussit à faire allumer les feux, avec une réparation de sauvage qui nécessitera une reprise propre lorsque nous serons rentrés. Si cela n'avait pas été le cas, nous aurions fait demi-tour, et opté pour la houle plutôt que pour une navigation nocturne sans être correctement visibles.
On verra le plus beau coucher de soleil depuis le début de notre voyage, puis on rejoint le mouillage des Embiez, qui s'avère pour le coup être aussi un mauvais choix : la houle nous ballote toute la nuit ! On suppose que l'absence totale de vent ne positionne pas le bateau correctement, qui du coup se retrouve pris par la houle... Bref, la nuit fut longue dans ce mouillage si agréable quelques jours avant !
Le lendemain, mardi, nous devons rejoindre La Ciotat, pour récupérer Pote Fanch, qui ne partageait pas suffisamment nos aventures via le blog, et qui nous rejoint pour quelques jours afin de partager "en live" nos navigations. Il n'y a que peu de vent, mais nous n'avons que 8 miles à parcourir. On sort les voiles, on persévère, malgré une vitesse de 2,5 nœuds. Mais le peu de vent qu'il y a prend plaisir à tourner, on peine à garder un cap, puis le vent faiblit franchement. Sylvain est décidé à attendre, mais quand on n'avance plus qu'à 0,6 miles/h, je suggère de rallumer le moteur (l'écologie, oui, mais ça dépend des jours, hein, j'avoue...). On rejoint donc l'île Verte, devant La Ciotat, au moteur. On avait regretté de ne pas avoir pu la faire à l'aller, et on profite d'une belle visite ensoleillée !
Canadair en exercice dans la baie.
L'Ile Verte est l'île la plus végétalisée des Bouches du Rhône, et détonne franchement des îles du Frioul ou Riou.
Cap de l'Aigle, vu depuis l'île Verte.
Petite crique sur l'île Verte, qui en compte plusieurs, toutes aussi jolies.
On retourne au port, et on revoit avec plaisir Alexandre, le Capitaine du port, qui nous refile encore de bons tuyaux de visite pour les jours à venir. Je suis épatée par sa gentillesse et sa disponibilité, dont nous avons profité à l'aller pendant tout notre séjour à La Ciotat. S'il y a des rencontres plus touchantes que d'autres, celle-ci en est un parfait exemple, et il se peut fort que si l'on revient rôder dans le coin, on s'arrête à nouveau à La Ciotat pour le seul plaisir de le revoir.
Il nous apprend au passage qu'il est interdit de circuler sur l'île de Riou en dehors du sentier, car c'est un sanctuaire pour les oiseaux. Oups ! Promis, on n'y a que très peu marché...
La nuit est bien calme, à peine perturbée par l'altercation de deux pécheurs sur notre quai. La pêche est interdite dans les ports (pour des questions évidentes d'hygiène, me semble-t-il, l'eau y étant pleine de produits toxiques, hydrocarbures et déversements sanitaires des bateaux qui ne possèdent pas de caisse noire...), mais elle se pratique tout le temps. Fanch nous rejoint en début de soirée, à bloc pour naviguer !
Mercredi matin, on traine un peu pour partir : Sylvain essaie de comprendre pourquoi notre génois s'enroule mal, le remonte un peu, moi je fais quelques courses d'appoint, et on lève l'ancre à 11h30. On refait le plein de gasoil pour le bateau, craignant de faire beaucoup de moteur pour rentrer, car le vent sera semble-t-il très faible pour les 3 jours à venir. On se bonifie sur les manœuvre de port, abordant le quai tout en douceur !
Direction les Calanques de Cassis, que nous avions tristement dépassées à l'aller, regrettant de ne pouvoir nous y arrêter. La VHF diffuse un BMS pour un coup de vent dans le secteur de Port Camargue, et nous n'y prêtons pas suffisamment attention, puisque sur notre zone est annoncé un vent à 5-8 nœuds. Dépassant le cap de l'Aigle, à la sortie de la Ciotat, nous sommes surpris par une mer bien formée, et un vent largement au-dessus de nos attentes, à 15-20 nœuds. Il vient de l'Ouest, pile notre direction, il faut louvoyer, encore ! Et dans une mer où les creux de vague les plus importants font près de 2m, c'est loin d'être drôle, surtout pour Maëlyss... On aurait dû s'en douter, si le vent souffle fort plus à l'ouest, il est logique que nous en recevions les effets : une mer houleuse et un vent qui a du mal à ralentir. On prend bonne note !
On est même obligés de sortir la trinquette, quand le vent rafale à 25 nœuds. On y gagne en stabilité du navire. Ç’aurait aussi été bien d'enfiler nos gilets de sauvetage, mais nous ne les avons pas préparés, et aucun de nous n'a envie de descendre les chercher. Nous mettrons 2h30 pour atteindre la Calanque de Port Pin, distante de seulement 6 miles (soit le double, mais on commence à comprendre que c'est le concept même du louvoiement -louvoyage ? bon, vous avez compris-).
La calanque est magnifique, et très fréquentée. Il y a pas mal de monde sur les rochers, en haut sur les sentiers, et c'est un défilé de bateaux-navettes de tourisme. On jette l'ancre, le temps de manger, se baigner, sauter des rochers et faire un tour à pied. Finalement, il est tard, on reste là pour la nuit.
Calanque de Port Pin
Ca se bouscule presque sur les rochers...
Maëlyss teste la flottabilité de son gilet de sport ! 😂
Demain, on continue le tour des Calanques, et il faudra quand même nous rapprocher de Marseille.
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